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#474401
Je viens de parler pendant une heure au téléphone avec cette journaliste de l'Obs sur la méthode ROPA et sur la PMA en général. Elle cherche maintenant des couples qui se sont tournés dès le départ vers la FIV-ROPA. Elle est très sympa, je vous invite à témoigner si vous êtes dans ce cas.

"Bonjour, pour l'Obs je cherche à recueillir les témoignages (anonymes) de femmes ou couples de femmes ayant eu recours à une #PMA impliquant l'ovocyte d'une des compagnes pour la FIV et l'utérus de la seconde pour la gestation (méthode #ROPA ou #cofiv). Si vous souhaitez en discuter, vous pouvez m'écrire en commentaire de ce post, en MP ou à bkrief@nouvelobs.com
Barbara Krief"
#474403
J'avoue... :hihihi: :hihihi: :hihihi: Mais le militantisme me permet de mieux travailler après et d'être plus efficace... (Ca se voit que je pipeaute un peu ou pas du tout ?) :fuir:
#474406
Super ! Merci beaucoup ! :joie: :enlace:
C'est bien qu'elle ait différents témoignages pour étayer son article. L'Obs est un journal très lu, il nous offre une belle visibilité.
#474900
https://www.nouvelobs.com/rue89/2019112 ... maman.html

Bon évidemment faut être abonnée mais la journaliste doit me l'envoyer en pdf donc si elle le fait, je vous ferai parvenir l'article en entier (je ne suis pas abonnée non plus).
#474901
Cool, j'attends le pdf :hihihi:
#474902
"La méthode ROPA : la petite graine de
maman, dans le ventre de maman
La « méthode ROPA », c’est quand, dans un couple de lesbiennes,
une femme est la mère biologique de l’enfant tandis que la seconde
lui donne naissance.
Par Barbara Krief
Publié le 23 novembre 2019 à 12h00
« Ma femme est enceinte de moi », se réjouit Hedwige, 31 ans. Sa compagne, de
trois ans son aînée et dont l’accouchement est imminent, va bien donner naissance
à un bébé qui porte ses gènes. Pour leur premier enfant, ces deux femmes
françaises ont réalisé une procréation médicalement assistée (PMA) pas comme
les autres, en Espagne. On l’appelle la « méthode ROPA », pour « réception
d’ovocytes de la partenaire », ou encore co-FIV (pour co-fécondation in vitro).

Concrètement, Hedwige a fourni des ovocytes, fécondés in vitro grâce à un don de
sperme anonyme, puis implantés sous la forme d’embryons dans l’utérus de sa
femme, et non pas dans le sien, comme lors d’une FIV « classique ».
Avec ce procédé, Hedwige transmet son code biologique à l’enfant, tandis que
l’autre femme, elle, fait l’expérience de la gestation. La future mère, qui a
découvert la pratique en surfant sur des forums, raconte :
« C’est un beau projet. Nous voulions partager une grossesse en s’impliquant
physiquement toutes les deux. Ma compagne tenait à porter mon enfant et
moi, je tiens à porter le sien. Ce que nous ferons pour notre deuxième enfant »
Entre les allers-retours en Espagne, le prix des interventions médicales et un
premier essai infructueux, le couple a dû débourser 14 000 euros pour cette
première grossesse.
Le nec plus ultra ?
De loin, on imagine la ROPA comme le nec plus ultra de la PMA pour lesbiennes.
Sur le papier, ça semble en effet être la manière la plus inclusive pour chacune de
partager une grossesse et de créer un lien fort avec l’enfant. Pourtant, la France
pourrait bien ne pas l’autoriser, même après l’extension de la PMA à toutes les
femmes.
A l’occasion des débats autour de la loi de bioéthique à l’Assemblée nationale en
octobre, trois députés de la majorité avaient pris les devants en proposant des
amendements en faveur de la ROPA. Raphaël Gérard s’étonne encore qu’ils aient
tous été retoqués, même les moins permissifs. Lors de son audition devant la
commission parlementaire, la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn
a exprimé l’avis défavorable du gouvernement, brandissant alors l’argument du
« don dirigé ».
« C’est absurde de parler de “don dirigé” », se désole Nathalie Rives, présidente de
la fédération des Centres d’études et de conservation des oeufs et du sperme
(Cecos) de France. Ces 30 établissements conservent les gamètes mâles et femelles
à destination de l’aide à la procréation. Elle interroge :
« Parle-t-on de “don dirigé” lorsque l’on utilise les gamètes mâles d’un homme
(son sperme) pour réaliser une fécondation in vitro avec sa femme, dans le
cadre de l’assistance médicale à la procréation ? »

Et puis, que proposera-t-on aux femmes qui auront besoin d’un ovocyte autre que
le leur pour mener à bien un projet de PMA ? De faire appel à une donneuse
anonyme. Une absurdité pour plusieurs médecins, espagnoles comme français, à
qui nous avons posé la question. Auteur de « Pour la PMA » (Ed. JC Lattès, 2018),
le gynécologue obstétricien français François Olivennes explique ainsi :
« Quand elle est légitime d’un point de vue médical, la ROPA est une bonne
solution. Cela me paraîtrait en effet absurde de demander à un couple de
femmes de faire appel à une donneuse d’ovocytes anonyme, si dans le couple il
existe des gamètes parfaitement exploitables. »
Raisons médicales
D’ailleurs, la méthode est rarement le premier choix des couples. Les cliniques
espagnoles ne sont pas en mesure de fournir des données chiffrées, mais la plupart
d’entre elles assurent que la demande reste largement marginale. Le plus souvent,
la ROPA est proposée aux patientes par les médecins eux-mêmes et pour des
raisons médicales.
Il faut dire que la méthode n’est connue que de quelques initiées, les cliniques
européennes qui la proposent en font rarement la publicité. Peut-être parce qu’elle
se pratique à la faveur d’un vide juridique : on n’en trouve aucune mention dans la
loi espagnole.
Ensuite, elle est plus onéreuse qu’une insémination artificielle (environ
1 500 euros, selon les cliniques, sans les frais annexes), prescrite en première
intention par les médecins. Elle est aussi plus lourde médicalement.
Pour pouvoir faire don de ses ovocytes à sa compagne, la femme doit subir des
injections sous-cutanées quotidiennes d’hormones stimulant les ovaires afin
d’obtenir la maturation de plusieurs ovocytes, qui seront ensuite prélevés lors de la
ponction. C’est ce traitement qu’a suivi Hedwige. Le même que suivent aussi
toutes les femmes contraintes de recourir à une fécondation in vitro pour vivre une
grossesse, ou encore celles qui souhaitent faire un don de leurs gamètes.
« Certains me disent : “Tiens, voilà la tienne” »
Lorsqu’elles décident de devenir mères en 2014, Dolores, professeure de français,
et sa compagne, toutes deux espagnoles, ont d’abord tenté de faire simple. Mais les
inséminations artificielles sont un échec, tout comme les deux fécondations in
vitro, effectuées à partir des ovocytes de Dolores. Face aux tentatives
infructueuses, les médecins suggèrent alors au couple de passer à la méthode
ROPA, encore inconnue des deux femmes. Grâce aux ovocytes de sa compagne,
Dolores tombe enceinte au premier essai.
« C’était finalement la combinaison parfaite. Ma femme ne pouvait pas porter
d’enfant, mais elle avait dix ans de moins que moi, 29 ans à l’époque, et avait
donc de bien meilleurs ovocytes. Avec les siens, je suis tombée enceinte de
jumeaux du premier coup. »
Le jour de l’accouchement, l’infirmière ne cache pas sa surprise, se souvient encore
Dolores :
« Elle m’a tout de suite demandé : “Comment c’est possible, c’est vous qui
accouchez, mais les enfants ressemblent à votre femme… ?” Quand on lui a
expliqué, elle a trouvé l’histoire très touchante. »
Avec le recul, elle estime qu’au-delà de l’aspect médical, c’était la solution
« idéale » :
« Les enfants ne comprennent pas encore tout, mais ils savent que j’ai été
enceinte et que l’autre maman leur a donné leurs gènes. C’est assez magique.
Je le conseillerais à toutes les autres. »
Pour autant, Dolores reconnaît que, la plupart du temps, elle et sa femme oublient
cette particularité. Les anecdotes sont touchantes, certes, l’originalité de l’aventure
est un petit plus, d’accord, mais, s’il en avait été autrement, ça aurait été « pareil »,
assure-t-elle.
C’est aussi ce que racontent Laure et Stéphanie (les prénoms ont été changés).
En 2013, les deux Françaises se rendent dans une clinique espagnole pour avoir un
enfant. Pour mettre toutes les chances de leur côté, Laure a recours, avec ses
ovocytes, à une FIV, dont le taux de réussite est plus élevé qu’une insémination
artificielle. Deux ans plus tard, elles veulent un deuxième enfant. Cette fois, c’est
Stéphanie qui le portera. « En concertation avec l’équipe médicale », précisentelles,
les deux femmes décident de faire appel aux « embryons congelés du
précédent traitement » :
« Il se trouve qu’ils avaient conservé des embryons de la grossesse de Laure.
On n’avait pas vraiment envie de les perdre et on voulait m’éviter une ponction
ovarienne, qui n’est jamais quelque chose de plaisant. »
Pour autant, « ça ne change rien », promet le couple. « Nous ne sommes pas très
attachées aux gènes, on s’en fiche au final. Ce qui est important, c’est de fonder
une famille », explique Laure :
« Ce qui m’a fait plaisir, en revanche, c’est de voir Stéphanie enceinte à son
tour. Mais depuis qu’ils sont nés, j’ai tendance à oublier comment tout cela s’est
fait. De toute façon, les deux sont nos enfants. On aurait fait l’inverse, ça
aurait été pareil. »
Stéphanie acquiesce :
« Ça ne change absolument rien pour nous. Mais pour les autres… c’est
différent. Certains me disent : “Tiens, voilà la tienne”, pour parler
spécifiquement de l’enfant que j’ai portée. Alors, je rectifie, mes deux filles sont
“les miennes”. »

La résilience dont Anne et sa compagne ont dû faire preuve force l’admiration. En
quatre ans, elles ont essuyé 17 essais infructueux.
Quand le couple se lance dans un projet de maternité en 2007, Anne rêve de porter
un enfant. Mais les nombreuses inséminations artificielles, fécondation in vitro et,
même, « inséminations naturelles avec un ami, pour se donner toutes les
chances », ne prennent pas. « J’ai failli y passer », se souvient Anne, qui évoque
des hyperstimulations ovariennes épuisantes et dangereuses pour sa santé. Malgré
les échecs, les médecins sont incapables de fournir une explication : les ovocytes
d’Anne sont parfaits, les embryons obtenus à partir des FIV aussi et les tests
médicaux n’indiquent aucun problème au niveau de son utérus. Pourtant, elle ne
tombe jamais enceinte.
Au hasard d’une recherche sur internet, le couple découvre la ROPA et retourne en
Belgique, là où les nombreux embryons fécondés à partir des ovocytes d’Anne sont
toujours congelés.
« On aurait pu simplement faire une insémination artificielle sur ma
compagne. Mais ça m’aurait brisé le coeur de voir ces embryons détruits après
toutes ces années de souffrance. »
Sa compagne tombe enceinte du premier coup. Après des années de souffrances et
20 000 euros déboursés, les deux femmes peuvent enfin devenir parents. Mais les
galères ne s’arrêtent pas là. Anne n’a pu être reconnue comme la mère de son fils –
biologique, donc – qu’en 2015, aux 5 ans de l’enfant. Dans ce contexte, il est arrivé
à Anne, qui n’avait pourtant pas vraiment choisi la méthode ROPA, de se dire
« mon fils à mon code génétique, il me ressemble. Moi, je n’avais pas besoin de ça
pour me sentir mère, mais, au moins, personne ne pourra jamais dire le
contraire ». D’ailleurs, les gènes, ça change tout pour les grands-parents de son
fils :
« Pour mes parents, c’était très important que ça soit “leurs gênes”, “leur sang”
à eux, dans leur petit-enfant. Quant à ceux de ma compagne, ils ont beaucoup
apprécié la voir enceinte. Nous, on s’en fiche vraiment, mais pour nos parents,
c’était plus facile comme ça. »
Singer les hétéros ?
« On ne fait pas des bébés à la carte pour faire plaisir aux grands-parents,
enfin ! », s’agace gentiment le gynécologue obstétricien François Olivennes. Le
médecin reconnaît volontiers l’utilité de la ROPA à des fins médicales, mais refuse
de la considérer dans le cadre d’un choix personnel :
« Les homosexuels ne peuvent pas faire un enfant qui sera la moitié de l’un et
de l’autre. C’est une réalité. Ils peuvent quand même avoir des enfants. Cela
devrait suffire. »
On sent la même irritation chez la gynécologue obstétricienne Ghada Hatem,
fondatrice de la Maison des Femmes à Saint-Denis :
« On intellectualise, on idéalise la reproduction. S’il est possible pour un couple
de femmes d’avoir un enfant, n’est-ce pas suffisant ? Faut-il en plus qu’il ait été
conçu à travers une méthode médicalement lourde, qui ne fait que singer la
reproduction hétérosexuelle ? Et puis, dans ce cas, que dire des autres ? De
ceux qui ne font pas de ROPA ou de ceux qui adoptent : sont-ils moins parents
pour autant ? »
Une question qui travaille d’ailleurs Anne :
« Tant mieux pour moi, mais qu’est-ce que cela veut dire pour les femmes qui
ne passent pas par cette méthode ? Qu’elles sont moins mères parce que leurs
gènes n’y sont pas ? Finalement, faire cette différence me dérange. »
Barbara Krief"

Voilà, j'ai fait un copié/collé ! :hihihi: